Correspondances

La chair

par admin

Partis puis revenus, puis repartis et revenus encore mais toi et moi toujours la chair suppliante.
Oui la foi, oui l’amour, oui l’espoir, se savoir presque près, privilégiés et bénis des étoiles parce que s’être reconnus mais toujours la chair suppliante.
D’une époque reculée où l’on s’écrivait pour la première fois, de l’ étincelle initiale qu’on laissait déjà s’éteindre sans savoir vraiment ce que cela signifiait, jusqu’à cette maturité féconde et calme qui nous habite aujourd’hui, mais toi et moi, toujours la chair suppliante.
Des images d’une maison à nous et d’un berceau qui vacillera bientôt, sûrement bientôt, de la tendresse au téléphone et des clins d’œil alphanumériques mais toi et moi toujours la chair suppliante.

La chair clivée, en otage, la chair exclue de nos extases, en crise de rapatriement, toi et moi, toujours la chair suppliante.

L’odeur de la pierre mouillée

par Catherine

En revenant du chocolatier, je me suis arrêtée dans un parc, au frais, pour poser mes sacs. La mousse qui dévore sa fontaine et l’obscurité de ses arbres m’ont conduite devant la petite librairie où nous avions trainés tous les deux.

Voilà ce que nous ferons les après-midi de soleil : nous choisirons des chocolats, nous trainerons dans la librairie et puis nous nous éterniserons sur le banc de ce parc, se nourrissant de cacao et de mots, ta tête posée sur mes cuisses et mes doigts dans tes cheveux noirs.

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Fleurir

par Catherine

Je rêve d’amour avec toi. De me réveiller au milieu d’un champs ou au sommet d’un immeuble et retrouver le fond de tes yeux. Partir, oui, mais toujours avec toi. Préparer Zizek au voyage. Mais surtout, revenir.

Je m’épanouis dans l’écriture. Plus les astres intérieurs s’alignent, plus j’écris, plus mon corps se déploie dans le yoga. Et je m’évade un moment entre deux averses pour acheter encore des fleurs et réveiller les pièces, comme si leurs tiges débordaient de mon corps.

J’ai cherché des cours de yoga pour toi et moi. Je nous y conduirai peut-être.

Je continue de t’appeler, agenouillée dans le champs. Mon amour. Toute ma vie, j’appelle ton nom.

J’ai fait de la compote de rhubarbe. En la touillant, une cuillère de bois plongée dans le chaudron, tu m’es revenu. Le son de l’auto qui se dépose dans la cour et toi qui en sort, les bras chargés.

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Le rêve

par Catherine

C’était la nuit tombante et j’étais dans la cabane du voisin. Percevant un bruit venu de la porte extérieure, comme des griffes courtes éraflant le bois, je me suis faufilée à l’extérieur pour échapper à l’intrus. Je me suis retrouvée au milieu du champ, dans le tourbillon des étoiles, des échos d’un rassemblement lointain et des odeurs de terre humide — la nuit suspendue dans la multitude de ses sensations.

Dans ce vortex, je me suis accroupie au sol et je me suis mise à appeler ton nom. Un appel clair, mais à vif, comme un animal ne cherchant plus dans la nuit que son compagnon. Te rappelant à moi.

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Une amie qui a terminé sa thèse récemment m’a offert ses conseils hier. Écrire six jours par semaine jusqu’en novembre, puis sept sur sept jusqu’en février. Utiliser une partie de la soirée pour mettre de l’ordre dans les notes et les images. Ce sera intense et difficile, surtout les derniers mois, m’a-t-elle confié. J’ai déménagé mon bureau dans une autre salle. Je travaille maintenant près du sien, Godspeed You! Black Emperor repliant les pans du réel autour de moi et érigeant une délicate bulle autour de l’antre sacrée de l’espace intime de l’écriture. Yoga tous les matins. Remettre à flots mon corps qui, tenaillé par de petites douleurs, ne trouve plus le repos et s’enlise dans des incomforts rampants.

Prends-moi encore par la main, à Cuba. Je ferai rebondir ma jupe rouge en trottinant à ton bras.

Vie

par Catherine

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Après avoir visité le marché, rempli le cabat de légumes, de saumon, d’oeufs, de colliers de bois et d’herbes en pot, je suis passée chez le fruitier qui m’a offert un petit panier de framboises, puis chez la fleuriste qui m’a montré comment récolter le gel de l’aloès vera.

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J’ai ensuite passé la journée à savonner les coins de toutes les pièces, à rempoter des fleurs et des aromates, à ranger le brouhaha des piles de papiers et de livres ouverts qui jonchaient toutes les surfaces.

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Je me réapproprie l’espace autour de moi. Sortir de ma torpeur en glissant mes doigts sur toutes les surfaces, les ongles pleins de terre. Je veux revenir à la vie.

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Comme des poissons

par Catherine

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C’est le soir et nous sautons le souper pour aller à la piscine municipale. Ça sent le cholre dès qu’on pousse la porte du vieil édifice en béton. Le pavement du sol assourdit déjà les cris de joie des enfants et des coups de sifflet qui remplissent l’air. L’eau est fraîche. Je descends sous l’eau; l’écho s’épaissit.

Quand j’étais petite, nous ramassions six hot-dogs vapeurs remplis de chou et de ketchup – deux pour 99 sous le mardi au casse-croûte de l’Orange – après la piscine.

Amène-moi à la piscine. On ira chercher des sushis en boîte de plastique que l’on mangera dans la cour arrière pendant que Zizek court après les piérides.

par Catherine

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Une femme sculptée, il y 15 000 ans, au Mexique.

Depuis le souffle de l’intériorité qui s’anime, je répète son geste millénaire pour ouvrir la mémoire du corps.

Un jour, celui où je me suis retrouvée seule sur l’île de Gorée, à la bouche du Sénégal comme une parole finale, j’ai regardé des gamins à l’oeil brillant jouer au foot, soulevant un nuage de poussière qui scintillait dans le soleil couchant. Au milieu des jambes des adolescents, émergeait parfois la tête joufflue d’un petit garçon qui titubait encore d’un pied à l’autre. Dans le sérieux de la partie en cours, on le laissait toucher le ballon, préservant un périmètre de sécurité autour de son petit corps. Avec ce simple geste attentionné et protecteur, j’ai senti une guérison s’opérer.

Une tempête sur Saturne.

Unknown

par Catherine

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J’ai rêvé que je te voyais, à Cuba, prenant la pose pour une photographie, dans le soleil aveuglant. Je t’interpellais, m’étant retrouvée moi aussi au loin. Me voyais-tu au Moyen-Orient?

Il pleut. Paris est terrible d’ennui et de lassitude.

Je voudrais rêver encore d’une percée de soleil qui dissout les couleurs.

Ouvrir

par Catherine

Dans le tourbillon méticuleux de tes mots, je voudrais me perdre. Tu déferas les noeuds de tristesse qui crispent mon coeur. Je crains de libérer un torrent à la première ouverture chirurgicale. Tu sortiras ton scalpel, mon amour, fais-moi pleurer, mais tu me garderas solide contre toi, comme quand tu me pivotes en crêpe et que je m’attache à ton cou en petit singe.

« Classical references to catharsis, brief as they are, set it in a communal context where a citizenry is engaged in watching a performance or are themselves performing, as in dance and gymnastics. The setting thus conjured up by philosophical description emphasizes deeply felt emotions and some change of state as a result. This could be then considered a psychological transformation, a feeling of being emotionally purged or intellectually enlightened, and even extended to a metamorphosis of the citizenry as a whole so that they become accepting of the absolute need to moderate destructive impulses within those who must reside together in harmony. »

Les vertues du déneigement

par Jeanmichel

Un flash, dans l’auto pendant que je me déplaçais d’un trottoir à pelleter à un autre; quelques mots. Une idée. En plein dans le pare-brise, smashée, une ondée de poésie. J’ai fait aller les wipers mais la nuit ne s’est pas effacée. C’était toi.

Ma cure
Dans le froid de l’hiver à charroyer
Ne reste plus qu’un sexe fendu jusqu’au oreilles
Pour venir a bout du jour tordu
Et la tienne
De courroies dialectiques moebiuséennes
Engrangeant l’engrenage d’une insomnie vicieuse
Dans l’égarement de la concupiscence ligaturée

Qu’on se l’offre donc
La panacée du salut
Je te vêtirai pour l’occasion
Une rivière autour du cou, bien emmitouflée
Lente, pesante
Aux reflets des astres clairs
Quelques caresses invertébrées
De la neige exfoliante
Venant de forêts vagabondes
D’arcs Voûtés
Juste pour ton carême
Je chercherai le flocon philosophal
A travers toute la bordée
Qu’on puisse se la faire
Mais je sais j’exagère
C’est a peine si je trouverais mon propre nombril
Dans la nuit

Il nous faut un sanctuaire de circonstance
Guérir tes nuits blanches
Et célébrer mes obsèques
Trouver le moyen de mourir
Sans avertir nos corps
Qu’ils puissent croire que tout est demeuré intact
ininterrompu
Que le fil tienne raide
Que la conscience au foyer
N’aie rien a douter
Mais nous
Nous aurons quelque chose a nous
Une métamorphose de la lumière
Sur nos cornées dévoilées
Par l’effet d’un prisme nouveau
Les soirées sans thé

Que sont les rituels
Sans catharsis
Mon amour?

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